Soutien à François Bon et à Publie Net

Dégoût profond de lire que Gallimard attaque François Bon pour “contrefaçon” (lire ici brève de L’express).

Cette attaque concerne une nouvelle traduction par François Bon du Vieil homme et la mer de Ernest Hemingway, publié le 7.02.2012 sur Publie Net.

Comme il l’explique sur son blog, ce projet de traduction était pour François Bon un projet ancien

avec des souvenirs venus d’une enfance dans un recoin pauvre, le littoral vendéen à l’Aiguillon-sur-Mer, ses ostréiculteurs, le travail sur la digue où j’accompagnais mon père et mon grand-père. Parler lent, parler rare, épreuve continue des éléments de nature.

Traduire est un acte de générosité. On traduit pour le lecteur dans l’autre langue, on traduit pour offrir une autre perspective sur une histoire, un monde, on traduit pour “l’autre”. C’est un cadeau la traduction. Répondre d’une façon aussi violente au travail d’un auteur, éditeur, traducteur passionné comme François Bon est une attaque à la liberté de création et à la liberté de traduire. Cette attaque je la ressens personnellement en tant que traductrice, mais aussi lectrice, et j’en ai envie de vomir. Je comprends que François se retire pendant trois jours pour réfléchir au futur de Publie Net. Mais je souhaite de tout coeur qu’il n’abandonne pas. Il y a une communauté importante derrière lui, nous le soutenons tous.

Concernant les droits d’auteurs, je citerai ici Claro qui s’explique très bien dans son article sur le sujet :

Bien sûr, il existe des lois régissant les droits d’auteur, d’adaptation, etc. Bien sûr qu’il importe de les faire respecter. Mais ce n’est pas la traduction vieillotte de Dutourd que Bon a mis en ligne. Et il serait peut-être temps de ne pas considérer systématiquement comme illégale toute tentative de diffusion des textes autrement que par la sacro-sainte édition papier. Ni, sous prétexte d’un prétendu respect de l’œuvre et de sa diffusion, d’empêcher les démarches qui visent, au contraire, à en accroître et diversifier le rayonnement. Publier un texte consiste à le faire vivre, et non à conserver un minimum d’exemplaires en cave pour s’assurer qu’on en détient encore les droits ou à juger menaçante toute traduction autre que celle mise en orbite il y a des lustres.

C’est mon petit coup de gueule. Il se rajoute aux nombreuses voix qui s’élèvent contre Gallimard et en soutien à François Bon et Publie Net. Voici quelques liens (liste non exhaustive) :

About these ads

One thought on “Soutien à François Bon et à Publie Net

  1. Pingback: Défendons François Bon | L’Oreille tendue

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s